samedi 16 juin 2012

mercredi 25 avril 2012

Hommage à Marcel Weinum : Visage éternel et magnifique d’une jeunesse patriote

« Je suis fier de donner ma vie pour la France ». Marcel Weinum, en comparution devant le tribunal spécial à Strasbourg, le 30 mars 1942. Déclaration faite suite au délibéré qui le condamne à la décapitation.

Nous commémorons aujourd’hui 14 AVRIL 2012, les 70 ans de la mort de cette figure désormais légendaire de la résistance alsacienne à l’occupant allemand, j’ai nommé MARCEL WEINUM.

Cette figure, ce visage encore quelque peu enfantin, presque poupin et pourtant, un enthousiasme et une maturité évidentes, marqués dans le doux sourire et dans le regard droit de ce jeune strasbourgeois, qui à l’âge de 16 ans prenait l’initiative, seul avec une poignée de camarades, de lancer le tout premier mouvement de résistance alsacien face à l’occupant allemand qui contrôle alors l’Alsace-Moselle annexée au Reich dès le 27 novembre 1940 : la MAIN NOIRE.

Le regard dans le lointain, tourné vers un avenir héroïque et fatalement tragique : la trajectoire du jeune Weinum doit faire ramper de respect tout jeune alsacien, tout jeune français qui se prétend aujourd’hui doté d’un quelconque courage ou d’un quelconque sens de l’honneur, car pouvons-nous nous figurer, nous autres jeunes strasbourgeois, ce qu’a pu être ce trop bref épisode de résistance ? Ce martyr-là est à l’image de tant d’autres, qui par le passé et jusque dans le présent, ont donné leur vie pour la liberté et pour redonner sa souveraineté et son indépendance à la France.

Nous qui parcourrons chaque jour les rues de Strasbourg, l’esprit léger, déluré, l’esprit gâté par l’époque, nous qui marchons dans notre magnifique ville, nous rendons-nous compte que dans ces mêmes ruelles où l’on titube au petit matin entre amis, un petit groupe de jeunes frondeurs, de jeunes patriotes épris de liberté, voilà 70 ans de cela, ne manquaient aucune occasion pour perpétrer des actes d’une insolence et d’une bravoure inouie à l’encontre de la présence et des intérêts allemands à Strasbourg.

Revenons en détail sur la vie héroïque et tragique de ce martyr de la Nation :

Fougue géniale, inconscience de la jeunesse.

Marcel nait le 5 février 1924 à Brumath, ville située sur la Zorn au Nord-Ouest de Strasbourg et dont René Kleinmann, un autre fameux membre de la Main Noire, est également issu. Fils du boucher Robert Weinum et de Mathilde Schneider, il passe son enfance à Brumath jusqu’en 1936, date à laquelle les Weinum s’installent dans le quartier du Neudorf, à Strasbourg.

Elève à la Maîtrise de la Cathédrale de Strasbourg, il devient jeune apprenti-dessinateur après avoir obtenu son certificat d’études. En septembre 1939, la guerre éclate et les Weinum, évacués en Dordogne avec tant d’autres alsaciens, reviennent à Strasbourg à la fin de l’été 1940.

Marcel, qui a alors vécu une année en « vielle France » lors de l’évacuation de sa famille, revient à Strasbourg avec de nouvelles idées, avec une nouvelle ardeur. Animé d’une fougue patriote rare, il est alors à l’origine de la création du tout premier mouvement de résistance alsacien, la MAIN NOIRE. Près de 25 adolescents alsaciens rejoignent alors cette curieuse bande de jeunes gaillards imberbes, dont un seul membre, Charles Lebold, un proche de Weinum, est adulte !

Ils ont pour la plupart entre 14 et 18 ans, sont pour la plupart des élèves de la Maitrise de la Cathédrale, certains ont une fibre particulièrement chrétienne dans leur lutte, comme on le comprendra dans les dernières écrits de Weinum, en 1942. Le comble est que beaucoup de ces très jeunes gens doivent entretenir une dangereuse double-vie : ou bien à cause des risques qu’ils pourraient faire prendre à leur famille (à qui ils taisent leurs activités, sans compter que certains parents peuvent être favorables aux allemands), ou bien tout simplement parce qu’ils sont embrigadés de force dans les Jeunesses Hitlériennes, en leur qualité de nouveaux « allemands », l’annexion au Reich étant comme vous le savez, davantage une vraie intégration. On remarque par ailleurs, que tous ces jeunes gens sont nés dans l’Alsace redevenue française. Ils sont tous nés après 1918, et n’ont jamais connu l’Alsace impériale, ce détail a peut-être une importance, pour expliquer l’incroyable combat de ces adolescents.

On compte parmi eux, hormis Marcel Weinum : Robert Adam, Jean-Jacques Bastian, Lucien Albrecht, Robert Bildstein, Lucien Entzmann, Marcel Keller, René Kleinmann, André Kleinmann, Charles Lebold, Jean Kuntz, Aimé Martin, Bernard Martz, André Mathis, René Meyer, Xavier Nicole, François Mosser, René Spengler, Albert Uhlrich, Jean Voirol et Ceslav Sieradzki.

Entièrement indépendant et autonome, le groupe de jeunes gens va alors opérer de nombreuses actions de vandalisme, de sabotage, de terrorisme et de contre-propagande contre l’ennemi entre octobre 1940 et décembre 1941, alors qu’ils commençaient à peine à entretenir des liens avec le renseignement britannique en Suisse.

Quelles sont alors leurs actions ? Toute action de harcèlement est l’occasion pour eux de se distinguer et d’accroitre les moyens matériels du groupe : sabotage des installations ferroviaires, vol et saccage d’automobiles allemandes, dynamitage des vitrines de commerçants « soumis », vol d’armes, notamment dans les fantômatiques forts de la défunte ligne Maginot. Vol de papiers ou de tickets d’essence, mais aussi de très nombreux actes de vandalisme sous forme de graffitis et de messages patriotes à grands coups de croix de Lorraine sur les murs de Strasbourg !

Grâce aux sommes récoltées, Marcel Weinum ira jusqu’à louer un appartement en 1941 afin d’en faire en quelque sorte, le quartier général de son organisation. De là, il peut écrire et imprimer des centaines de tracts patriotes, qui sont distribuées dans toute la ville. Il n’hésite pas à faire parvenir certaines lettres, par la Poste ( !), aux administrateurs allemands de la ville ou de la région : “Vive de Gaulle !“, “Vive la France !“, “Les allemands devront quitter la France !“, ” Alsaciens, levez-vous pour le combat de la liberté” !

Enfin, il réalise son coup le plus célèbre et le plus remarquable le 8 mai 1941, quand en compagnie de Lucien Entzmann, il lance une grenade dans la voiture du gauleiter Robert Wagner : la voiture explose sans pouvoir atteindre le Gauleiter, qui se trouvait à ce moment-là dans un troquet voisin.

Le mois de Mai 1941 est décisif pour Marcel Weinum et ses camarades de la Main Noire, fatal, hélas. Le 20 mai 1941, Marcel et son camarade Ceslav Sieradzki entreprennent une périlleuse traversée Nord-Sud de l’Alsace, pour aller rejoindre un contact des services secrets britanniques, attaché au consulat de Bâle, et lui remettre des documents très importants, puisqu’il s’agissait des plans des terrains d’aviation de Entzheim et Haguenau. Attrapés d’abord par des douaniers, ils s’échappent puis sont repris et envoyés à Mulhouse, où ils sont confondus après avoir été soumis à la question.

Cette opération en Suisse devait faire entrer la Main Noire dans des affaires d’ordre international. Hélas, que ce soit par leur dramatique isolement, leur âge et leur nombre réduit, ces nouvelles affaires devaient sans doute dépasser la Main Noire et son leader, dont le petit réseau, bien que splendide et héroïque, n’était pas suffisamment soutenu et établi, restant l’émanation d’une bande de gamins. De plus, l’attentat contre le Gauleiter Wagner avait été éttoufé par la presse allemande de l’époque, mais ce dernier ne pouvait décemment tolérer cet outrage, encore moins le dévellopement de ces factieux.

Fin tragique, mort héroïque.

Le réseau « Main Noire » est démantelé dès le mois de Juillet 1941 : ses jeunes membres sont arrêtés, jugés à Strasbourg à la fin de Mars 1942, puis envoyés pour la plupart, ou bien au camp de concentration de Schirmeck, ou bien au service de travail militaire, le Reichsarbeitsdienst. L’un d’eux, le brumathois René Kleinmann, sera libéré du camp de Schirmeck en 1944, enrôlé de force dans la Wehrmacht mais sauvera sa vie avec éclat en désertant le front de l’est pour rejoindre plus tard la Première Armée sous l’autorité du Général de Lattre de Tassigny.

Quant à Weinum, face aux juges du Tribunal Spécial de Strasbourg qui le condamnent à la décapitation (sort reservé aux nationaux convaincus de "haute trahison"), le 30 mars 1942, il confirme toute la noblesse de son cœur en prenant devant tous, l’entière responsabilité de la formation et de l’action passée de son organisation, sauvant ainsi sans doute, d’autres camarades d’une exécution tout aussi certaine.

Marcel Weinum meurt décapité, sur l’échafaud à 18 ans et deux mois, le 14 Avril 1942 à Stuttgart. De ses dernières phrases, de ces derniers mots, retenons celles-ci, magnifiques et exemplaires :

« Si je dois mourir, je meurs avec un cœur pur. Tout pour le Christ. Moi-même, je ne suis rien ».

Patriote authentique, catholique fervent, jeune chef au courage sans doute aussi grand que sa bonté de caractère et aussi vrai que l’inconscience de sa fougueuse génération.

Car enfin, comment se figurer un tel parcours, une telle trajectoire ? Comment imaginer cette bande de jeunes hommes, pour certains presque enfants, à l’intitulé tonitruant et classieux, aux consonances mafieuses, ces jeunes adolescents dont certaines actions, tirées de leur contexte, pourraient paraître alors un attendrissant cabotinage ? Comment imaginer cette petite section, ce Marcel Weinum, opérer pendant près d’une année des sabotages, des vols, des attentats en pleine ville, en plein jour, dans Strasbourg terriblement quadrillée ? Au nez et à la barbe d’une administration allemande aux ambitions pourtant féroces et jalouses sur l’Alsace redevenue leur ?

C’est évidemment proprement stupéfiant, alors que toute l’Alsace tremblait devant la brutale domination des nazis, ces jeunes-là, ces gamins, mus d’une étrange ardeur, teintée de liberté, de patriotisme et de chrétienté[1], dont la puissance devait être inévitablement générée par la personnalité rare de Marcel Weinum, ce héros national, ce héros régional, cette fierté strasbourgeoise, honneur de sa génération sacrifiée.

Tardive, mais salutaire réhabilitation.

Oublié de façon incompréhensible et scandaleuse depuis des décennies, c’est grâce à l’action de nombreux strasbourgeois ou alsaciens que les années 2000 ont vu réhabilité le nom glorieux de la Main Noire et de Marcel Weinum. A ce titre, il faut remercier chaleureusement, entre autres, Gérard Pfister, Alfred Grosser, Marie Brassart-Georg, Pierre Sudreau[2] pour leurs passionnants ouvrages, et le président Robert Grossmann et le maire Roland Ries d’avoir brillamment contribué à cette urgente réhabilitation. Enfin, tout ceci n’eut pas été possible dans l’implication essentielle des vétérans de la Main Noire, L’histoire de Marcel Weinum et de la Main Noire fut ainsi une découverte fascinante pour de très nombreux jeunes, qui ainsi peuvent prendre la mesure du martyr de Weinum pour la Liberté et l’amour de la France.

La France, les organisations des vétérans de la Résistance française, ainsi que la Ville de Strasbourg, ont officiellement honoré Marcel Weinum en le nommant sous-lieutenant des F.F.I., médaille de la résistance-rosette, croix de guerre et la Légion d’Honneur. Cinq vétérans du réseau ont été décorés de la Médaille d’Honneur de la ville de Strasbourg, et Jean-Jacques Bastian, fait chevalier de la Légion d’honneur.

Il est à noter qu’un documentaire de 52 minutes consacré à la Main Noire a été tourné en 2010, par le réalisateur Baptiste Frappat.

Une lecture –concert sera donnée ce samedi 14 avril 2012 à 20 heures 30 en la Cathédrale de Strasbourg en l’honneur et la mémoire glorieuse et tragique de la Main Noire et de son instigateur, Marcel Weinum. Il s’agira également d’honorer le mouvement résistant des étudiants munichois de la Rose Blache, crée en 1942, et dont ses deux meneurs les plus notables, Hans et Sophie Scholl, seront également décapités, en février 1943.

« Chers parents, cette semaine, j’ai reçu six lettres expédiées par vous. La dernière date du 31 décembre. Tu me demandes si j’ai encore mon chapelet. Hélas, ils me l’ont pris. Le geôlier n’a pas voulu non plus me remettre l’image que tu m’as apportée. Il dit qu’elle est idolâtre. Je l’ai quand même prise et tous les jours, matin et soir, j’en dis la belle prière. Ces gens ne savent pas que notre religion est sainte et constitue notre tout. Ils croient en Dieu, mais à quoi sert la foi sans la prière et les œuvres ? Dieu ne leur permettra pas de réussir dans leur folie raciale et leur existence athée. Chère Maman, je garderai toujours la religion. Je réalise maintenant ce qu’elle vaut. C’est pour elle aussi que j’ai combattu. Malheureusement, j’ai perdu. Mais j’ai combattu, c’était indispensable. Je n’ai rien fait de mal. » Lettre de Marcel Weinum, 7 mars 1942.

                                                                    Guillaume de Gail.

[1] Bien des membres du premier cercle étaient d’anciens élèves de l’école de la Maîtrise de la Cathédrale de Strasbourg.

[2] Gérard Pfister , Marcel Weinum et la Main Noire, préface de Pierre Sudreau, Président de la Fondation de la Résistance, préface d’Alfred Grosser, introduction de Marie Brassart-Goerg et divers textes de Marcel Weinum, Jean-Jacques Bastian, René Kleinmann, Aimé Martin et Albert Uhlrich, Éditions Arfuyen, Paris-Orbey, 2007

mardi 24 avril 2012

Compte long

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Stèle C de Tres zapotes
Le compte long est un système de datation antique caractéristique de la civilisation maya de l'Époque classique, et dont l'usage omniprésent la distingue de toutes les autres civilisations mésoaméricaines1. Il convient pourtant de faire remarquer que les premières inscriptions en compte long ont été découvertes en dehors de l'aire maya, dans la région de l'Isthme de Tehuantepec2. Citons la célèbre stèle C de Tres Zapotes, dont la date correspondrait à -31, du moins si le point de départ du calendrier local correspond à celui de la corrélation GMT (voir ci-dessous).
Comme les autres civilisations de la Mésoamérique, les Mayas connaissaient deux types de calendrier : le calendrier Tzolk'in, calendrier rituel de 260 jours et le calendrier haab, calendrier solaire, composé de 365 jours. Ils employaient couramment un troisième type de datation extrêmement précis : le compte long. Le point de départ de cette datation est le 11 août 3114 av. J.-C..
Les scribes mayas développèrent un système vigésimal d'unités de mesure du temps (les glyphes de période) dont l'unité principale fut le tun ou période de 360 jours. Le système des multiples du tun est ouvert et parfaitement vigésimal : 1 katun = 20 tun, 1 baktun = 20 katun, etc.
Ils développèrent aussi un sous-système d'unités de mesure de temps, le uinal (18e partie du tun) et le kin (20e partie du uinal).
Selon les conceptions cosmogoniques que les Mayas partageaient avec les autres civilisations mésoaméricaines, les dieux faisaient et défaisaient régulièrement le monde. Il n'y a donc pas un monde créé, ou une création, mais une suite vraisemblablement ouverte de créations. On pense que chacune dure 13 baktun. Pour les scribes du Classique, la création en cours avait commencé un 4 Ahau 8 Cumku (date dans le Calendrier Rituel de 18980 jours).
Les scribes pouvaient donc aussi noter les dates en comptant (non pas les années mais) les jours écoulés depuis l'origine de la création en cours. L'écriture de cette durée écoulée depuis l'origine se faisait à l'aide du système des unités de temps, c'est-à-dire en tun, katun etc. À l'époque classique, il s'était écoulé un nombre de jours de l'ordre du million, soit, en notation vigésimale, des nombres comme 9.13.12.0.0.
C'est la notation dite du « Compte Long » ou, selon une terminologie plus ancienne, que l'on doit à Alfred Maudslay3, des « Séries Initiales » (parce que la plupart des inscriptions maya de l'époque classique débutaient par ce type de dates).
Glyphe en forme de coquille équivalent à zéro
Sur une stèle, une date en compte long apparaît de la manière suivante, dans l'ordre :
  • le glyphe d'introduction, dont la partie centrale, variable, est le glyphe de la divinité du mois correspondant du calendrier haab et dont la partie fixe dit que sous les auspices du patron du mois on compte les katun (les tun à l'époque préclassique) ; viennent ensuite en colonne par groupe de deux glyphes :
  • le nombre de baktuns écoulés depuis le point zéro du calendrier ;
  • le nombre de katuns ;
  • le nombre de tuns ;
  • le nombre de uinals ;
  • le nombre de kins.
Notons que, pour indiquer qu'un ordre d'unités est vide, les Mayas utilisaient un glyphe ayant la forme d'une coquille4, l'équivalent de notre zéro. Par exemple, lorsqu'un mayaniste note une date de la façon suivante : 9.17.0.0.05, il faut comprendre que 9 baktuns, 17 katuns, 0 tun, 0 uinal, 0 kin se sont écoulés depuis ce point zéro.
  • le chiffre et le nom du jour dans le Tzolk'in ;
  • le nom d'un des Neuf Seigneurs de la Nuit correspondant à cette date ;
  • un glyphe F, dont nous ne connaissons pas la signification exacte ;
  • cinq glyphes liés au cycle lunaire ;
  • la date dans le calendrier haab.
Il existe des unités supérieures au baktun : un kinchiltun équivaut à plus de trois millions d'années ! Les Mayas croyaient à l'existence de cycles de 13 baktuns, c'est-à-dire approximativement 5125 années solaires6, en relation avec le positionnement des planètes du système solaire[réf. nécessaire]. L'univers actuel aurait été « créé » en 3114 avant J.-C. (la date exacte en compte long est 13.0.0.0.0 4 Ahau 8 Cumku, que l'on trouve sur la Stèle C de Quiriguá).
Une autre référence au mois d'août 3114 avant J.-C. se trouve sur la stèle 10 de Tikal. D'après la page 168 de la référence7 (p. 168) : « Les composants présentés ici ont été sélectionnés sur la base de la question de l'origine du Compte Long dont l'étendue couvre la distance temporelle séparant le début du présent supercycle historique, un jour d'août 3114 av. J.-C., de sa fin, un jour de décembre 2012, selon la corrélation GMT. Ce jour d'août 3114 av. J.-C. n'est pas celui du commencement de toutes choses comme le suggère la date sculptée sur la stèle 10 de Tikal : celle-ci fait référence à un jour antérieur de près de 5 millions d'années relativement à la date d'érection du monument. » Les théories relatives à la « fin du monde » le 21 décembre 2012 partent donc d'une conception erronée du calendrier maya car il ne peut évidemment s'agir que de la fin d'un monde, c'est-à-dire du supercycle de 13 baktuns (5 125 ans environ) commencé en août 3114 avant notre ère. D'après R.J. Sharer, ce supercycle se terminera le 21 décembre 2012, tandis que pour L. Schele et D. Freidel, ce serait plutôt le 23 décembre 2012 (p. 168 de7).
Ce système typique de l'Époque classique disparaît des stèles et des monuments au Xe siècle. La dernière date connue de fin de baktun en compte long gravée sur un monument provient du site de Toniná : 10.4.0.0.0, c'est-à-dire 909. À l'Époque postclassique, ne subsiste sur les monuments qu'un système simplifié, de « compte court », composé de périodes de 13 katuns, c'est-à-dire 260 ans.
Comment faire correspondre une date en compte long à une date de notre calendrier ? On se fonde sur des événements de l'époque de la colonisation espagnole (XVIe siècle) attestés à la fois en « compte court » et en calendrier julien, par exemple la fondation de la ville de Mérida (Mexique), le 6 janvier 1542 :
« En l'an 1542, 1 Pop tombant sur le 13 K'an, les Espagnols fondèrent une colonie à Tiho (c'est-à-dire Mérida)... » (extrait des Annales d'Oxkutzcab8). »
Ensuite on établit une corrélation entre le compte court et le compte long de l'époque classique. Il existe plusieurs systèmes de corrélation. La plupart des spécialistes suivent la corrélation GMT. Il suffit alors de faire la conversion en Calendrier julien et puis en calendrier grégorien. Des datations au carbone 14 de linteau en bois datés retrouvés à Tikal confirment la validité du système GMT.

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Notes et références[modifier]

  1. David Drew, The lost Chronicles of the maya kings, Phoenix, Londres, p. 414
  2. Mary Miller & Karl Taube, The Gods and Symbols of Ancient Mexico and the Maya, Thames & Hudson, 1993, p. 50
  3. Robert J. Sharer, The ancient Maya, 1994, p. 568
  4. Nikolai Grube, Les Mayas, Könemann, 2000, p. 133
  5. exemple cité par Robert J. Sharer, p. 569 et claude-François Baudez, p. 114
  6. http://www.4-ahau.com/Le_Compte_Long.html [archive]
  7. a et b http://segura.univ-tln.fr/lepi5.pdf [archive]
  8. Nikolai Grube, Les Mayas, p. 142

Annexes[modifier]

Articles connexes[modifier]

Bibliographie[modifier]

  • Nikolai Grube (dir), les Mayas, Könemann, Cologne, 2000
  • Robert J. Sharer, The Ancient Maya, Stanford university Press, Stanford, Californie, 1994
  • Claude-François Baudez, les Mayas, Les Belles Lettres, Paris, 2005
  • Mary Miller & Karl Taube, The Gods and Symbols of Ancient Mexico and the Maya, Thames & Hudson, londres, 1993
  • David Drew, The Lost Chronicles of the Maya Kings, Phoenix, Londres, 2000

Rasoir d'Ockham

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Rasoir d'Occam (homonymie).
Il est possible de décrire le Soleil et les planètes comme étant en orbite autour de la Terre. Cependant, ceci requiert une explication extrêmement plus complexe que le modèle héliocentrique.
Le rasoir d’Occam ou rasoir d’Ockham est un principe de raisonnement que l'on attribue au frère franciscain et philosophe Guillaume d'Ockham (XIVe siècle), mais qui était connu et formulé avant lui :
« Les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité. » (« pluralitas non est ponenda sine necessitate »).
L'énoncé « Entia non sunt multiplicanda praeter necessitatem », littéralement « Les entités ne doivent pas être multipliées par delà ce qui est nécessaire », est une variante souvent attribuée à Guillaume d'Ockham sans cependant qu'il y en ait trace dans ses écrits.
Une formulation plus moderne est que « les hypothèses les plus simples sont les plus vraisemblables ». C'est un des principes fondamentaux de la science.
L'induction de Solomonoff est une preuve mathématique1,2,3,4,5 du rasoir d'Occam, sous l'hypothèse que l'environnement suit une loi de probabilité inconnue mais calculable.

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Historique[modifier]

  • Aristote : « Il vaut mieux prendre des principes moins nombreux et de nombre limité, comme fait Empédocle » (Physique, I, 4, 188a17).
  • Adage scolaire dérivé d'Aristote : « C'est en vain que l'on fait avec plusieurs ce que l'on peut faire avec un petit nombre. Frustra fit per plura quod potest fieri par pauciora. » Cité par Guillaume d'Ockham (Summa totius logicae, I, 12) (1323)
  • Guillaume d'Ockham (1319) : « Une pluralité ne doit pas être posée sans nécessité. Pluralitas non est ponenda sine necessitate » (Quaestiones et decisiones in quatuor libros Sententiarum cum centilogio theologico, livre II) (1319)
  • Étienne Bonnot de Condillac (1715 -1780), en 1746, utilisa pour la première fois l’expression « rasoir des nominaux » dans une note en bas de page de son livre Essai sur l'origine des connaissances humaines (Ire part., sect. V, § 5, note a).
  • Ernst Mach : « Les savants doivent utiliser les concepts les plus simples pour parvenir à leurs résultats et exclure tout ce qui ne peut être perçu par les sens. »[réf. nécessaire]
  • Le principe de Morgan (1852-1936) énonce qu'« une activité comportementale ne doit en aucun cas être interprétée comme la conséquence d'une faculté mentale élaborée, si la même activité comportementale peut être conçue comme le fruit d'une activité mentale moins élevée. »[réf. nécessaire]
  • Bertrand Russell (1906) : le rasoir d'Ockham est « la maxime méthodologique suprême lorsqu'on philosophe » (On the Nature of Truth)[réf. incomplète]
  • Ludwig Wittgenstein (1921): « Si un signe n'a pas d'usage, il n'a pas de signification. Tel est le sens de la devise d'Occam. (Si tout se passe comme si un signe avait une signification, c'est qu'alors il en a une.) » (Tractatus logico-philosophicus, 3.328).

Fondements du principe[modifier]

Aussi appelé « principe de simplicité », « principe de parcimonie », ou encore « principe d'économie », il exclut la multiplication des raisons et des démonstrations à l'intérieur d'une construction logique.
Le principe du rasoir d'Ockham consiste à ne pas utiliser de nouvelles hypothèses tant que celles déjà énoncées suffisent, à utiliser autant que possible les hypothèses déjà faites, avant d'en introduire de nouvelles, ou, autrement dit, à ne pas apporter aux problèmes une réponse spécifique, ad hoc, avant d'être (pratiquement) certain que c'est indispensable, sans quoi on risque d'escamoter le problème, et de passer à côté d'un théorème ou d'une loi physique. « Nous ne devons admettre comme causes des choses de la nature au-delà de ce qui est à la fois vrai et suffisant à en expliquer l'apparence » Isaac Newton. On traduit souvent ce principe sous la forme d'une préférence de l'hypothèse « la plus simple » parmi toutes celles qui sont échafaudées, mais il convient d'approfondir différents points :
  • ce n'est pas (seulement) la simplicité d'une hypothèse qui compte ; étant donné un ensemble déterminé de conclusions, c'est la simplicité (faible complexité) de l'ensemble des hypothèses faites pour aboutir à ces conclusions. Par exemple, les mathématiciens ont cherché à déduire le cinquième postulat d'Euclide à partir des quatre premiers, ce qui s'est avéré finalement vain et a conduit à désigner ce postulat comme le cinquième axiome.
  • l'hypothèse d'un contrôle divin permanent sur les mouvements célestes, paraît simple sous réserve qu'on y postule l'existence d'un Dieu… complexe, mais ne permet aucune conclusion : les choses seront ce qu'elles seront, c'est tout. Louis Pauwels fera remarquer d'ailleurs que « Dieu existe » signifie au sens strict « l'Être existe », et en conséquence « Il y a il y a » 6.
  • À l'inverse, le même principe est utilisé pour affirmer que la sélection naturelle est plus simple pour expliquer la vie que l'existence d'un dieu, selon Richard Dawkins, éthologiste en évolution7.
  • la simplicité de l'interprétation en univers multiples d'Hugh Everett, postule de même implicitement un espace de fonctionnement complexe, avec un univers qui ne cesse de fourcher exponentiellement à chaque temps de Planck. Seule la confirmation ou l'infirmation de prédictions (David Deutsch) permettra d'en établir ou non une réalité physique distincte de ce que donne le modèle de Copenhague. Elle se confond pour le moment avec lui en termes opérationnels.
  • l'idée du rasoir n'est pas de supprimer purement et simplement des principes pour en diminuer le nombre, mais de densifier ceux qui restent afin que les autres soient subsumés par eux.
  • le rasoir est illustré notamment par la théière de Russell.

Rasoir d’Ockham et science moderne[modifier]

Le rasoir d'Ockham n'est pas un outil très incisif, car il ne donne pas de principe opératoire clair pour distinguer entre les hypothèses en fonction de leur complexité8 : ce n'est que dans le cas où deux hypothèses ont la même vraisemblance (ou poids d'évidence) qu'on favorisera l'hypothèse la plus simple (ou parcimonieuse). Il s'agit en fait d'une application directe du théorème de Bayes, où l'hypothèse la plus simple a reçu la probabilité a priori la plus forte. Des avatars modernes du rasoir sont les mesures d'information du type AIC9, BIC10 ou DIC11 où des mesures de pénalité de la complexité sont introduites dans la log-vraisemblance.
Par ailleurs, si le rasoir d'Ockham est une méthode efficace pour obtenir une bonne théorie prédictive, il ne garantit aucunement la justesse d'un modèle explicatif.
Cette nuance entre théorie prédictive et théorie explicative est bien mise en lumière par ce dialogue célèbre :
Napoléon : Monsieur de Laplace, je ne trouve pas dans votre système mention de Dieu.
Laplace : Sire, je n'ai pas eu besoin de cette hypothèse.
D'autres savants ayant déploré que Laplace fasse l'économie d'une hypothèse qui avait justement « le mérite d'expliquer tout », Laplace répondit cette fois-ci à l'Empereur :
Laplace : Cette hypothèse, sire, explique en effet tout, mais ne permet de prédire rien. En tant que savant, je me dois de vous fournir des travaux permettant des prédictions12.
La science actuelle, quand elle se satisfait de modèles prédictifs, fait bon usage du rasoir d'Ockham. Mais utiliser celui-ci pour choisir une théorie explicative est dangereux dans la mesure où une mauvaise théorie explicative peut sérieusement retarder les développements ultérieurs.
Wittgenstein, dès le Tractatus logico-philosophicus a opéré une importante critique d'un certain scientisme (notamment russellien) qui consistait à considérer la devise d'Occam comme une « maxime de la philosophie scientifique » (cf. Russell, Notre connaissance du monde extérieur), qui nous autoriserait de pourchasser les entités surnuméraires. Or pour Wittgenstein, ce n'est certainement pas une maxime que l'on peut se proposer d'utiliser (parce qu'alors on pourrait la refuser) : c'est bien une « devise », elle s'applique d'elle-même :
« 3.328 - Si un signe n'a pas d'usage, il n'a pas de signification. Tel est le sens de la devise d'Occam.
(Si tout se passe comme si un signe avait une signification, c'est qu'alors il en a une.) »13
« 5.47321 - La devise d'Occam n'est naturellement pas une règle arbitraire, ou justifiée par son succès pratique : elle déclare que les unités non nécessaires d'un système de signes n'ont aucune signification.
Des signes qui ont un seul et même but sont logiquement équivalents, des signes qui n'ont aucun but sont logiquement sans signification. »14

Le principe du rasoir d’Ockham dans les œuvres de fiction[modifier]

Conan Doyle a souvent mis en pratique ce principe dans les déductions de Sherlock Holmes. Umberto Eco a souligné cette filiation dans Le Nom de la rose à travers le personnage de Guillaume de Baskerville (Premier jour, Vêpres : « Il ne faut pas multiplier les explications et les causes sans qu'on en ait une stricte nécessité »). Mark Haddon fait de même dans Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit mais précise que, contrairement à son personnage Sherlock Holmes, Conan Doyle préférait parfois oublier ce principe et croire au surnaturel.
Dans le film Contact, ce principe est énoncé par « deux choses étant égales, la solution la plus simple est toujours la meilleure ». L'héroïne du film, brillante scientifique, utilise ce principe pour justifier son athéisme. Mais ne pouvant pas apporter de preuve de sa rencontre avec des extra-terrestres, elle doit finalement admettre qu'il faut parfois croire et non savoir. Le roman de Carl Sagan permet d'introduire un zeste de doute sur l'existence d'une vie extra-terrestre, sans se prononcer.
David Duncan est l'auteur d'un roman de science-fiction intitulé Le Rasoir d'Occam, dans lequel il exploite ce principe pour expliquer le passage dans des univers parallèles.
Henri Loevenbruck a écrit un thriller nommé Le Rasoir d'Ockham dont le héros se sert de cette théorie pour résoudre son enquête.
Dans les séries médicales Dr House (Saison 1 Épisode 03) et Scrubs (Saison 7 Épisode 01), on y fait aussi référence pour démontrer que la solution la plus simple est le plus souvent à privilégier. Pour la série Dr House, le diagnosticien pense résoudre le cas d'un patient en le soignant pour deux maladies qu'il aurait contractées simultanément. Son équipe, dans le doute, poursuit les tests jusqu'à ce que l'état du patient empire, emmenant le Dr. House à revoir son diagnostic. Après une illumination lors d'une discussions avec son ami Wilson, il en arrive à citer la théorie du rasoir d'Occam à sa façon : La théorie la plus simple, c'est que quelqu'un a merdé. L'erreur du pharmacien qui a délivré des médicaments aux lourds effets secondaires au lieu d'antitussifs au patient en est finalement la cause. Dans l'épisode 15 de la saison 8, son pseudo lorsqu'il joue à un jeu de tir avec Taub tout en le testant est "Occam's Chainsaw" (Tronçonneuse d'Ockham).
Pour la série Scrubs, c'est le docteur Cox qui fait référence au rasoir d'Ockham. Après avoir cherché en vain une piqûre de tique sur le corps d'un de ses patients, il passe plusieurs jours à rechercher une autre cause de maladie dans des livres de médecine. C'est finalement en pensant au rasoir d'Ockham et en rasant la tête de son patient (seule partie qu'il avait oublié de vérifier) que le docteur découvre la piqûre de tique. Sa première hypothèse était la bonne, mais il ne l'avait pas poussée jusqu'au bout.
Dans l'épisode 14 de la seconde saison de la série The Mentalist, Patrick Jane utilise le rasoir d'Ockham pour expliquer la solution de l'astuce dont il fait usage pour gagner son pari (lancer une pièce, obtenir vingt fois face).
Dans l'épisode 4 de la première saison de Pushing Daisies, Ned recourt aussi au principe du rasoir d'Ockham pour confirmer une hypothèse plus que plausible énoncée par Chuck. Finalement, les événements qui suivent démontrent que l'hypothèse est fausse, et que la vérité est bien différente, mais aussi plus absurde. Ledit principe de raisonnement est donc remis en question.
Dans l'épisode 2 de la saison 6 de la série The Shield, pour résoudre une affaire criminelle dans laquelle les preuves lui semblent trop abondantes, l'inspecteur Wagenbach évoque le rasoir d'Ockham pour introduire l'anti-rasoir de Walter Chatton (de).
Dans l’épisode 3 de la première saison de la série Fringe (22ème minute), Walter Bishop se sert du rasoir d'Ockham (all other things being equal, the simplest solution is the best) pour poser le postulat que Roy est télépathe et dire à Olivia, Peter et l’agent Broyles que c’est la meilleure façon d'expliquer ses pressentiments sur les attentats commis.
Dans l’épisode 4 de la première saison de la série Eureka (Paranoïa - 24ème minute), Henry Deacon répond au sheriff Jack Carter qu'il croit plutôt au rasoir d'Ockham qu'aux extra-terrestres pour expliquer la paranoïa qui a atteint Spencer Martin, Douglas Fargo, Jim Taggart et l'adjointe Jo Lupo.
Dans son livre intitulé Un cas de conscience l'auteur de science fiction James Blish évoque le principe du rasoir d'Ockham au cours d'un débat entre les scientifiques de l'ONU chargés d'évaluer une planète nommée Lithia.
Dans son livre Les Fontaines du paradis, Arthur C. Clarke utilise le rasoir d'Ockham par le biais du « Voyageur des étoiles », pour mettre en évidence que le recours à un être divin est une aberration compliquant le problème initial, pour expliquer les origines de l'univers.
Dans son livre, Un rôle qui me convient, aux éditions 10/18 (2002) et éditions Quai Voltaire (1998), Richard Russo intitule sa première partie « Le rasoir d'Occam ». Hank, le héros, utilise ce principe pour tenter d'expliquer tout ce qui lui arrive, alors qu'il est en pleine crise de la cinquantaine. Il a également appelé son chien « Occam ».
Dans le jeu vidéo post-apocalyptique Fallout 3, un couteau de combat nommé « rasoir d'Occam » permet d'éliminer les ennemis de la manière la plus primaire.
Dans le livre Anathem de l'écrivain Neal Stephenson, les protagonistes font abondamment appel au principe du rasoir d'Ockham quoique sous le terme « Gardan's Steelyard » (balance de Gardan). Ce mot différent a été créé par l'auteur car l'intrigue se passe sur une autre planète.
Dans la bande dessinée Dilbert, Dogbert fait mention du « rasoir d'Occam » pour expliquer les échecs des relations amoureuses de Dilbert.

Anti-rasoirs[modifier]

Walter Chatton (de) était un contemporain de Guillaume d'Ockham qui contestait la théorie de ce dernier et proposa son anti-rasoir15.

Citations[modifier]

  • Léonard de Vinci : « La simplicité est la sophistication suprême. »
  • Dan Simmons16, rejetant le Rasoir d'Ockham au profit d'un axiome inverse : « toutes choses étant égales par ailleurs, la solution la plus simple est généralement une ânerie. »
  • H.L. Mencken (journaliste américain) : « Pour chaque problème complexe, il existe une solution simple, directe... et fausse ».
  • Les Shadoks : « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ‽ »
  • Antoine de Saint-Exupéry : « Il semble que la perfection soit atteinte non quand il n'y a plus rien à ajouter, mais quand il n'y a plus rien à retrancher », Terre des hommes ch.III, 1939.
  • Hubert Reeves, Patience dans l’azur : « Si deux théories expliquent également bien un résultat, il convient de “trancher” en faveur de la plus simple. »
  • Ludwig Mies van der Rohe  : « Less is more »

Notes et références[modifier]

  1. Induction: From Kolmogorov and Solomonoff to De Finetti and Back to Kolmogorov JJ McCall - Metroeconomica, 2004 - Wiley Online Library.
  2. Foundations of Occam's razor and parsimony in learning from ricoh.comD Stork - NIPS 2001 Workshop, 2001
  3. Occam's razor as a formal basis for a physical theory from arxiv.orgAN Soklakov - Foundations of Physics Letters, 2002 - Springer
  4. Beyond the Turing Test from uclm.es J HERNANDEZ-ORALLO - Journal of Logic, Language, and …, 2000 - dsi.uclm.es
  5. On the existence and convergence of computable universal priors from arxiv.org M Hutter - Algorithmic Learning Theory, 2003 - Springer
  6. Louis Pauwels, Ce que je crois, Grasset, 1974.
  7. Richard Dawkins, Pour en finir avec Dieu (2008), version originale : The God Delusion en 2006.
  8. C'est ainsi qu'on l'a allégué contre la théorie microbienne des maladies contagieuses : De Rumilly considérait à ce sujet qu'il était inutile « de multiplier les êtres sans nécessité et d'inventer une nouvelle espèce de corps inconnue à tous les hommes ». (Cité par P. Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, L'Harmattan, 2005, p. 173, qui renvoie à Chicoyneau, Verny et Soulier, Observations et réflexions touchant la nature, les événements, et le traitement de la peste de Marseille, Lyon, 1721, p. 136.
  9. Voir (en) en:Akaike information criterion.
  10. Voir (en) en:Bayesian information criterion
  11. Voir (en) en:Deviance information criterion.
  12. Cité par Ian Stewart et Jack Cohen The Science of Discworld.
  13. L. Wittgenstein Tractatus logico-philosophicus, 3.328 (trad. G.-G. Granger, Paris, Gallimard, Tel, 2004). ISBN 2-07-075864-8.
  14. L. Wittgenstein Tractatus logico-philosophicus, op. cit., 5.57321.
  15. Voir Stanford Encyclopedia of Philosophy, art. Walter Chatton, en ligne [archive].
  16. L'Épée de Darwin (Darwin's Blade - 2000 - Éditions du Rocher ou Folio policier 324)

Annexes[modifier]

Bibliographie[modifier]

  • (en) W.M. Thorburn, « The Myth of Occam's Razor », Mind, vol. 27, 1918, no 107, p. 345-353. (Non-paternité d'Ockham.) En ligne
  • Joël Biard, Guillaume d'Ockham, logique et philosophie, PUF, 1997, 128 pages (ISBN 2 13 0483119)

Articles connexes[modifier]



Marduk

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Marduk
Bēl, Amar-Utu
Image illustrative de l'article Marduk
Marduk et son dragon-serpent.

Parèdre Sarpanitu
Principale ville de culte Babylone (Esagil)
Régions de culte Babylonie, Assyrie
Fonction Dieu de Babylone, divinité agraire, dieu de l'exorcisme
Divinité apparentée par syncrétisme Enlil, Asarluhi, Assur
Symbole Bêche (marru)
Animal Dragon-serpent (mushkhushu)
Nombre 50

Marduk (en akkadien, AMAR.UTU en sumérien) ou Mardouk, appelé aussi Bel-Marduk, Bellus-Marduk ou Baal-Marduk, est le plus grand dieu mésopotamien. Il siégeait à Babylone dans son sanctuaire l'Esagil « le temple au pinacle surélevé », auquel était adjoint la ziggourat Etemenanki, passée à la postérité comme la Tour de Babel. Sa parèdre était Zarpanitu. Les Mésopotamiens en faisaient le fils aîné d’Ea et de la déesse Damkina. Dieu agraire d'importance secondaire à l'origine, Marduk finira par supplanter Enlil (et absorber ses attributions) comme dieu suprême du panthéon. Il acquiert toute son importance sous le règne de Nabuchodonosor Ier, souverain de Babylone de 1125 environ à 1104 av. J.-C.. Le Poème de la Création (Enuma Elish), écrit à cette époque, est destiné à justifier cette promotion. On lui associe le dragon (Mushkhushu), la planète Jupiter et le nombre 50 (également attribué à Enlil).
Dans la cosmogonie babylonienne, au terme d'une longue guerre, le jeune dieu Marduk tranche la mère des dieux Tiamat, incarnation de la Déesse du Chaos primordial et des mers1 : de son torse et sa tête, il crée les cieux, de ses jambes et membres inférieurs il créa la terre. De Tiamat naît l'eau venue en nuages et ses larmes deviennent la source du Tigre et l'Euphrate. Kingu, fils de Tiamat1 ainsi que son mari, périt lui aussi, et de son sang, Marduk crée les premiers hommes.
Chaque année au nouvel an, les dieux de Babylone et de Borsippa viennent lui rendre hommage ; une grande procession s'organise sur la voie sacrée. Le huitième et le onzième jour, les dieux se réunissent dans son temple, le saluent avec crainte, se tiennent agenouillés devant lui pendant que les destins se fixent irrévocablement pour l'année entière. La suppression de ces solennités, en temps de guerre ou de malheurs publics, était une calamité dont on faisait mention dans les annales de la cité.

Notes et références[modifier]

  1. a et b Encyclopédie de la mythologie, Parragon, 2004